une relation compliquée

vendredi, septembre 20, 2013

Coucou mes belles,

J'ai encore déserté le blog depuis le 23 août, date à laquelle j'ai posté mon dernier billet. En effet, le 26 août, une triste nouvelle m'est tombée dessus, pendant que j'étais souffrante, un décès, le décès d'un être cher, mon père.Aujourd'hui, ce sera un post sans rapport avec les cheveux, un peu intimiste.

On dit souvent quand tu n'as pas vécu une expérience particulière, tu ne peux pas comprendre et c'est le cas aussi pour moi. Tant que ça ne t'es pas arrivé, tu ne peux comprendre, ni savoir. 

Mon père et moi avons eu des rapports compliqués. Compliqué en ce sens que je ne l'ai pas bcp connu, je n'ai vécu avec lui et il y a bcp de choses que je ne saurais jamais sur lui. La joie de le voir rentrer après une journée de travail, partager un repas avec lui, avoir une conversation avec lui, le voir me gronder, découvrir la Guinée avec lui, l'écouter me parler de sa vie, l'entendre me donner des conseils, des orientations, le voir être fier de moi, m'endormir dans ses bras, bref toutes ces choses qu'une petite fille vit avec son papa.  

Dans mon cas s'étais plutôt une visite quand il en avait l'occasion, ça pouvait être 1 fois par mois, 1 fois chaque 2 ans, ou 3 ans après. En grandissant, ça devenais de plus en plus pénible pour  moi cette absence. Plus jeune j'ai étais folle de joie quand il passait me voir, généralement heure de temps, je me jetais dans ses bras. Mais entrée dans l'adolescence, j'ai commencé à lui en vouloir, pour ses absences pour son manque d'attention, c'était difficile pour moi d'avoir un père, sans en avoir un car il me manquais. Certes maman me donnais tout, s'occupais de moi mais, elle ne pouvais pas remplacer l'amour d'un père. Et je n'ai jamais eu le courage de lui dire toute cette peine que j'avais, ce vide qu'il laissait en moi. Leur histoire à papa et maman, il n'en parlais jamais et elle n'ont plu, et ne voulais pas lui faire de la peine à maman en posant trop de questions. Mais ces questions me torturais et me torture encore, un jour je trouverais le courage d'en parler avec elle.

Un jour j'ai eu un déclic, j'en avais assez de souffrir pour ce père absent et j'ai pris le taureau par les cornes, j'ai cherché son numéro dans l'annuaire et je l'ai appelé chez lui. Bonjour, pourrais-je parler à M.D..., papa c'est moi c'est Safiatou.... après ce premier pas ça été plus facile, pas que je lui pardonnais entièrement, mais j'avais de ses nouvelles régulièrement, j'ai pu connaitre ma tante dont je portais le nom, des cousins. Et cette tante qui me parlais de lui mon père, son frère qu'elle aimais tendrement, de sa famille. Car il en avais une, je le savais, comme ma naissance avais provoquer un tolet, une cassure dans la famille, dans la communauté, car il avais une femme avec laquelle il avais une vie, des enfants et moi je suis arrivé comme un cheveu de la soupe et j'en ai payé le prix car j'été exclu. Elle me disais combien de peine ma naissance avais causé, mais étais-ce de ma faute? est-ce je méritais de payer pour leur faute? Mais j'ai payé car j'ai été pris de mon père.

En grandissant, j'ai peu à peu compris et ma rancœur c'est atténuée. J'ai pris de l'assurance et je voulais aller vers lui, rattraper le temps, mais la maladie a surgi, anéantissant mes espoirs. Il devenait sénile, oubliant qu'il avait été quelqu'un, intellectuel, politicien, sa famille. je disais s'il oubliais des gens avec qui il avais vécu et partager bcp, comme se souviendrais-t-il de moi qu'il voyais rarement? Et j'ai du m'y faire à cette idée, péniblement, caressant l'espoir qu'un jour où ma peine s'effacerais, car malgré son absence, la vie m'a plutôt souri, j'ai été aimé, choyer, j'ai pu aller à l'école, avoir des diplômes, trouver un travail, car maman étais là, mes grands frères et grandes sœurs étais là. 

Je caressais l'espoir qu'un jour, j'irais le voir là bas, qu'il me monterais où il était né (au Sénégal) et où il avait grandi à Poyè (en Guinée), qu'il me parlerais de sa mère, qu'il me raconterais l'histoire de la famille. Mais la nouvelle est tombé, ce lundi 26 août, sur la route de l'infirmerie du boulot et en un instant tout s'est brisé, je ne le verrais plus jamais, je ne l'entendrais plus me dire qu'il m'aimais (car ça au moins il me le disait à chaque fois qu'on se voyait, et ce souvenir la me restera) et j'ai pas pu lui dire au revoir. Notre dernière rencontre remontais à deux ans, il était venu faire des papiers, je me souviendrais toujours de la tendresse dans son regard et dans ces gestes, il avait oublié mon nom, mon lien avec lui, mais savais que je lui étais cher. Il est parti, je n'y pouvais rien.

Le jeudi 29 août, je suis partie à la découverte de ce pays et de cette famille que je ne connaissais pas, laissant derrière moi, ma mamouska chérie. J'étais à la fois triste et heureuse de partir, à l'aventure, à la découverte, mais triste que ça soit dans ces conditions. Ce voyage m'a fait du bien et de la peine aussi. Je connu Conakry, traversé la Guinée, j'ai découvert le Fouta Djalon et ses paysages, Poyè (Lelouma). J'ai rencontré des oncles, des tantes, des cousins, des cousines, des frères, des sœurs et tous m'attendais, ils savait mon existence et voulais me rencontrer. J'étais l'abidjannaise, la fille de Kao-Habib d'Abidjan, j'étais à la fois l'étrangère et leur sœur. 

Et j'ai entendu parler de lui, j'ai appris un peu plus sur lui, il a été un homme au grand cœur car il a aidé bcp, les témoignages venaient de partout sur sa grandeur d'âme. Il étais engagé, il a fais de la prison au temps de Sékou Touré pour ses convictions, d'où son arrivée en Côte d'Ivoire. Il était instruit, premier Ingénieur aéronautique de Guinée, Commandant d'aérodrome. Il étais pieux, initiateur de la construction de la nouvelle mosquée de Lélouma, malgré la maladie, il faisait ses prières et récitais souvent des sourates. Il était aimant, oui il aimait ses enfants par dessus tout, il me le répétais chaque fois qu'on se voyais "n'oublie jamais que ton papa t'aime". Il était aimé et admiré par sa famille. J'étais à la fois fière et triste quand on parlais de lui; fière parce qu'il a laissé une marque indélébile dans le cœur des gens et triste car ce sont ces gens le connaissais bcp mieux que moi, car ils avaient vécus de vrais moments avec lui, plus que choses que j'aurais adoré aussi partager.

Mon père étais un grand homme, c'est ce que je retiens de lui, notre relation a été compliquée, incomplète je dirais, mais je sais qu'il m'aimais. Et même si je lui en veux encore (de moins en moins je dirais), je l'aime aussi mon papa et je n'ai pas l'occasion de lui dire. Je garde des souvenirs vagues de lui et ils sont rares. Je suis triste, mais pas anéantie par sa mort, car j'ai appris à vivre sans lui. Son absence m'est moins douloureuse, mais elle est quand même et ce vide ne serais jamais combler dans ma vie.

Je suis quelqu'un de plutôt renfermée et mes états d'âmes, je ne les partage que très rare et encore quand j'ai trop de peine ou du mal à dire ce que ressens, je l'écris et j'ai voulu vous faire partager cela. Profiter de votre famille tant que vous le pouvez, mes belles car on ne sais jamais, on crois toujours l'herbe plus verte ailleurs, mais on oublie souvent qu'on a des perles avec nous. Profitez des personnes auxquelles vous tenez car la vie est courte et les regrets nous suivent toutes notre vie. Alors vivez pour ne pas avoir de regrets.

Sapitou




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16 commentaires

  1. Toutes mes condoléances ma belle, ton post est trop émouvant, je te souhaites beaucoup de courage pour la suite...

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  2. coucou , depuis ton dernier post je passe chaque jour par ici et je repartais decue, pensant que tu nous avais oublie. et tu sais quoi , j'aurai prefere...car ca c'est trop triste.
    je tiens a vous presenter a ta famille et a toi mes plus sinceres condoleances.que le TOUT PUISSANT vous aide a vivre avec cette absence au quotidien.
    Ensuite merci de partager avec nous ces moments intimes.
    Si j'ai la chance d'avoir toujours le mien, je peux neanmoins comprendre cette histoire de relation compliquee avec ton pere.Desolee pour les absences, les peines mais je peux t'affirmer que de l'autre cote de la barriere c'est loin d'etre facile:la douleur de LA femme qui apprend cette nouvelle naissance, des enfants dont l'image du pere est ecorne,les disputes,les vies brisees et surtout cette incroyable colere,douleur avec laquelle il faut vivre chaque jour...Non c'est tout sauf evident.
    Mais passons ce n'est pas le sujet .encore une fois ttes mes condoleances.continue a etre forte.courage .Mlle D.

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  3. mes condoléences. ces triste..jespère que çava aller. bon courage

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  4. toutes tes lectrices sont la pour toi. Mlle D.

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  5. Je te souhaite bien du courage Sapitou dans cette épreuve.

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  6. yako courage à toi et à ta famille. Que Dieu vous fortifie dans cette épreuve.

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  7. Aiie courage ma belle!! je te présente mes sincères condoléances!! le Seigneur saura calmer ton cœur et te redonner la force dont tu as besoin....courage!

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  8. Merci les filles pour vos encouragements.

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  9. Toutes mes condoléances Sapitou, beaucoup de courage à toi et à ta famille

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  10. Du courage Sapitou. Mes condoléances.
    J'ai un papa moi aussi, j'ai grandi avec lui mais malgré tout l'amour que j'ai pour lui, on ne se connaît pas. C'est étrange mais la communication n'a jamais été effective entre nous.Parfois j'ai l'impression qu'il aurait souhaité ne pas nous avoir. Notre relation est tout aussi compliquée.

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  11. du courage sapitou. et ke Dieu taide a soulager ta peine. amen ...profitons vraiment ds ètre chèr ki ns ebtoure

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  12. juste un coucou,je pensais a toi...courage.Mlle D.

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  13. un passage pour te dire que c'est dure mais avec le temps,les blessures font moins mal,moi je l'ai vécu cela ne fait pas si longtemps et c'est dure.
    courage m'a belle.

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  14. Je sais que ta douleur est tellement grande qu'il n'y a pas de mots pour la soulager.

    Je suis de tout coeur avec toi.

    Que ce petit message te réconforte et je te souhaite beaucoup de courage ainsi qu'a tes proches.

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  15. Merci à toutes pour vos gentils messages et vos mots d'encouragement, grâce à Dieu ca va bcp mieux, la vie reprend son cours.

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  16. Beaucoup de courage a toi et ta famille, le temps apaise la douleur c'est tout ce qu'on peut se dire dans ces moments la puisqu'on ne peut rien y changer.

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